Partie III

III] Les fondements du mouvement hippie.

A) Les hipsters.

Hipster est un terme provenant des années 1940, qui désignait originellement les amateurs de Jazz, et en particulier du Be-bop, et qui sema sa popularité dans ces années-là.

Le hipster adoptait en fait, le mode de vie des musiciens de Jazz, ainsi que leurs manières particulières de se vêtir, leur langage, l’usage de drogues, une attitude zen, détendue, un humour parfois sarcastique, avec une pauvreté de rigueur et une sexualité libertaire.

Les premiers hipsters étaient en général de jeunes blancs qui copiaient le style des noirs urbains de l’époque.

D’ailleurs, Kerouac a, durant un moment de sa vie, agit comme un hipster, mais ce ne fut qu’éphémère. Cependant, ce mode de vie a encore accentué chez lui son désir de marginalisation face à la société américaine, dans laquelle il ne se retrouvait pas.

Ceux qui vinrent ensuite rejoindre le mouvement, ne connaissaient pas forcément l’origine culturelle de ce mode vie.

L’auteur Frank Tirro, dans son livre nommé Jazz, définit le hipster ainsi :

« Pour le hipster, Charlie Parker était la référence. Le hipster est un homme souterrain. Il est à la Seconde Guerre mondiale ce que le dadaïste était à la première. Il est amoral, anarchiste, doux et civilisé au point d’en être décadent. Il est toujours dix pas en avant des autres à cause de sa conscience, ce qui peut le conduire à rejeter une femme après l’avoir rencontrée parce qu’il sait où tout cela va mener, alors pourquoi commencer ? Il connaît l’hypocrisie de la bureaucratie, la haine implicite des religions, quelle valeur lui reste-t-il à part traverser la vie en évitant la douleur, surveiller ses émotions, « être cool » et chercher des moyens de « planer ». Il cherche quelque chose qui transcende toutes ces conneries et il le trouve dans le Jazz »

Partie III dans Accueil Charlie_Parker,_Tommy_Potter,_Miles_Davis,_Max_Roach_(Gottlieb_06941)

(Charlie Parker est un saxophoniste alto américain. Il est considéré comme l’un des créateurs et interprètes exceptionnels du style be-bop. Avec Louis Armstrong et Duke Ellington il est l’un des musiciens les plus importants et influents de l’histoire du jazz.)

Note: 1946, 27 juillet: Charlie Parker troublé par la drogue La consommation d’héroïne perturbe l’enregistrement de « Lover Man ». Payant ses excès, et en proie à la dépression, Charlie Parker n’enregistrera plus pendant quelques mois. Il fait notamment un séjour dans l’hôpital psychiatrique de Camarillo pour une cure de désintoxication. ~www.linternaute.com~

 Après cette petite définition remontons aux origines du « hip ».

D’après Hunter Thompson, hip se traduit par informé, ou branché. On peut dire qu’un hippie est branché constamment sur la réalité profonde, les hippies haïssent toute les imitations grossières, tout ce qui est en toc. Ils prônent l’honnêteté, la tendresse, la liberté. Ce qu’ils rejettent c’est toute l’escroquerie au plastique qui caractérise pour eux l’Amérique du XXème siècle, ce qu’ils veulent c’est le retour à la nature.

Hip à également pour signification: hanche. Certains y voient en cette signification la véritable étymologie et on peut effectivement faire un rapprochement avec le temps glorieux du bop, une mode des blue-jeans ultra-serrés qui moulaient les fesses et étranglaient les hanches selon certains. (« Dans une société où l’encadrement de la jeunesse par les adultes s’était beaucoup relâché, on vit apparaître les premières manifestations d’une « culture jeune », moins contestataire que « décalée » : premiers blue-jeans, mode zoot suit (« zazou »), culte de Frank Sinatra, dont le look assez peu « viril » exaspérait les adultes… » ~Wikipédia~).

Le hispter est l’ancêtre du hippie, il est pacifiste et objecteur de conscience, voire anarchiste. Être hip c’est, entre autres, être anti-commercial. Alors que le mouvement hippie n’est pas encore né, le hip, lui, est solidement ancré. Comme une brèche taillé dans la normalité. 

On peut donc facilement reconnaître ici les hipsters comme étant la première forme de rejet de la société américaine de l’époque, notamment par la consommation de drogues, et donc comme un phénomène précurseur du mouvement hippie.

B) Le mouvement Psychédélique.

Date clé: 1943, 16 avril: Découverte des effets du LSD. Les effets hallucinogènes de la drogue LSD (diéthylamide de l’acide lysergique) sont découverts par hasard. Au cours de recherches pour des applications thérapeutiques, le chimiste suisse Albert Hofmann met au point en 1938, à partir de l’acide lysergique extrait de l’ergot de seigle, le LSD. Les propriétés psychiques particulières du LSD ne seront découvertes que 5 ans plus tard, lorsque Hofmann ingère à son insu une très faible quantité après une manipulation de laboratoire. Le LSD provoque avec une dose infime, une profonde ivresse hallucinogène pendant plus de 12 heures. ~Wikipédia~

 Tout d’abord une petite définition du psychédélisme s’impose. Pour commencer: Le psychédélisme est un mouvement de contre-culture parallèle au mouvement hippie, qui se caractérise par la consommation de drogues dans le but de s’élever au dessus du réel, pour aboutir à un degré supérieur de conscience. Le mouvement hippie a donc puisé donc puisé dans ce mouvement et s’en est inspiré, recherchant bien souvent l’évasion par l’utilisation de drogues.

Les drogues qui interviennent sont le LSD, la mescaline, différents acides, ainsi que des champignons hallucinogènes. Ces drogues deviennent psychédéliques pour le fait qu’elles permettent d’ « ouvrir les portes de la perception » pour citer Aldous Huxley. Les théoriciens du psychédélisme font de la drogue un instrument mystique car il est le moyen de découvrir quelque chose de caché.

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Faisons un point sur les origines du mouvement psychédélique:

C’est depuis le 18ème siècle que les écrivains optent pour l’orientalisme. Mais ils ont tout de même attendu la fin du romantisme pour essayer des drogues venues de loin, telles que le haschisch et l’opium. On verra donc apparaître durant cette période: « Le club des Haschischins » de Théophile Gautier, publié après sa mort, ainsi que les « Paradis Artificiels » de Charles Baudelaire en 1860 dans lesquels il examine l’inspiration poétique procurée par les drogues hallucinogènes. Pour lui, la littérature crée des mondes imaginaires qui se substituent au réel. Rimbaud, lui, va aller plus loin en affirmant que la poésie se doit d’accéder à un état supérieur de vision, elle doit devenir voyante.

Cela aboutira par la suite a la naissance du Surréalisme, dans les années 1920, avec Lautréamont et Mallarmé, par exemple. Ce mouvement est directement né du Dadaïsme qui refusait les codes culturels. Selon Breton et d’autres fondateurs du mouvement il est possible de modifier la réalité par l’accès à une vision transcendante: la Surréalité. Durant cette période, les Surréalistes cherchent leur Saint-Graal.

En parallèle à cela, l’orientalisme va subir un nouvel essor. Il est notamment encouragé par deux philosophes : Nietzsche et Schopenhauer, qui s’intéressent au bouddhisme. A ce moment là, un autre mouvement se développe aussi, c’est le naturalisme, qui prône le retour à la terre, l’alimentation végétarienne, la nudité, … Ce mouvement germe aux Etats-Unis et notamment en Californie.

Et c’est à la fin de cette évolution qu’apparaissent les écrivains de la Beat Generation (dont nous parlerons tout à l’heure, les Beatniks étant les précurseurs directes du mouvement hippie). Jack Kerouac, Allen Ginsberg ou William S. Burroughs sont des gens qui dénoncent l’hypocrisie de la société américaine.  A cela, ils ajoutent également la quête post-romantique d’un absolu qui se fera entre autre par l’expérience de la drogue. Littérairement, le mouvement s’affirme héritier du surréalisme dont il va conserver l’écriture automatique qui permettent d’ouvrir les valves sur l’inconscient.

Le mouvement psychédélique, pris dans le mouvement hippie, a consisté en un certain enthousiasme pour les drogues hallucinogènes. A cela s’ajoute une fascination pour des religions comme le bouddhisme, l’hindouisme et des dérivés de ces deux religions. Notons bien que tout ceci se déroule durant la Guerre Froide et c’est à cette période que la jeunesse de l’Amérique veut réécrire le monde dans le sens où tout ce qui amenait à une vision différente des choses, est considéré comme bon.

 

Tout ce qui a changé par la suite c’est la libération sexuelle. 

 

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Si par la suite on aboutit à la disparition de ce mouvement, il a tout du même laissé des traces sur le plan culturel:

- Arts graphiques : en peinture (Isaac Abrams et Mati Klarwein ), pour les affiches de concert rock (un des domaines où le psychédélisme c’est le plus exprimé), les pochettes de disque ( exemple: The piper at the Gates of Dawn de Pink Floyd), …

- Cinéma : dans le film d’animation « Yellow Submarine » basé sur des chansons des Beatles le psychédélisme est présent du début à la fin, mais également dans le film culte « 2001, l’Odyssée de l’espace » de Stanley Kurbrick, dans Psych Out, …

- Littérature : les écrivains de la Beat Generation, on peut lire dans certains livres des expériences psychédéliques, Aldous Huxley pour son livre « Les portes de la perception »,…

- Musique : le Trip-hop (dérive du hip-hop), le Rock psychédélique (exemple: The Doors), la Pop psychédélique, la Trance Psychédélique (caractérisé par un rythme rapide et des basses fortes sans interruptions et couvertes par d’autres rythmes).

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C) Manifestation littéraire: La Beat Generation.

Définition : La Beat Generation est un mouvement de contre-culture, qui préconise le rejet des règles déjà établies, ainsi que la recherche de nouveaux chemins. Le premier à avoir évoqué le terme « Beat Generation » est Jack Kerouac (Avec notamment son livre « On the Road »), c’est à la suite de ça que les critiques ont employé ce terme pour décrire toute rébellion sociale et littéraire. Le mouvement est représenté par un groupe assez petit de poètes et romanciers authentiques. On a souvent affirmé que le terme « Beat » signifiait déprimé, mais Kerouac, lui, réfutait cela et affirmait même que « Beat » évoquait le rythme de jazz et que c’est une autre façon de parler de « Béatitude ». Les jeunes qui ont suivis, appartenu, à ce mouvement étaient appelés les Beatniks.

Beat-Generation

Revenons en donc aux ancêtres des hippies: Les Beatniks.

Derniers hipster en date, les Beatniks sont les premiers à revendiquer en masse un refus global du système. Ils sont surtout les premiers à, réellement, le manifester. Incontestablement, il est donc clair que les Beatniks sont les initiateurs du mode de vie décontracté à grande échelle. 

Leurs attitudes et leurs tenues vestimentaires:

Ils sont vêtu de jean et battle-dress toute la journée, de cuir de prolo sur les épaules, bijoux de pacotille pour les filles, elles ne portent pas de soutien-gorge, et ils se laissent pousser les cheveux et la barbe. Ils se promènent pieds nus, sont au lit jusqu’à midi et dinent à minuit. On pourrait donc dire qu’ils sont habillés n’importe comment. Cependant, ce phénomène se déroulant à l’époque des veston-jupe plissée-pompe cirés obligatoire cela choque et fait forcément sale aux yeux des autres. 

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Mais concrètement quelles sont les raisons qui ont fait naitre un tel mouvement ?

Les raisons, les voici :

– Tout d’abord parlons de certains poètes et écrivains Beat, comme Jack Kerouac, qui étaient encore jeunes à la fin de la seconde guerre mondiale (23 ans), lui et d’autres ont réalisé que l’horreur n’avait jamais atteint un tel niveau (utilisation de la bombe atomique, génocide des juifs). De plus, les jeunes n’aimaient pas les valeurs de la société qui s’instaurait, tout le matérialisme (manière de vivre, attitude, état d’esprit de ceux qui ne recherchent que des satisfactions ou des plaisirs matériels).

Né entre autres de l’apparition de l’arme nucléaire, la Beat Generation est une génération de révolte sociale et à pour objectif de tourner en ridicule les valeurs de la société. On peut donc dire, en premier temps, que la Beat Generation est tout d’abord un phénomène de société.

- On peut également dire qu’il nait également par l’esprit de rébellion qui les occupe, contre l’ «american way of life». Cette rébellion est donc essentiellement contre le matérialisme et le collectivisme. Contre ceux qui vivent sans profiter de la vie, qui sont rigides et conformes. Qui suivent comme des robots les règles et les codes sociaux imposés par l’ «american way of life». Hors, les Hipsters refusent de vivre dans ce «cauchemar climatisé» comme disait Henry Miller. Kerouac, lui, disait : « folie absolue et la fantastique horreur de New York avec ses millions et ses millions d’êtres humains qui se battent indéfiniment entre eux pour un dollar». Les hipsters se droguent, ils mènent un vie de bohème (vit au jour le jour, en dehors des conventions sociales), ils rejettent les tabous, liberté totale, notamment les tabous sexuels. En définitive tout ce pour quoi il aspire c’est de retrouver les valeurs les plus humaines.

Parlons maintenant des lieux communs la Beat Generation :

Artistes ou pas, les Beatniks n’ont, grossièrement, que deux ports d’attache aux Etats-Unis: Greenwich village à New York et North Beach sur la baie de San Fransisco. (mais ce ne sont que deux escales dans leurs voyages bohémiens puisqu’ils passent par Paris, Goa, Oaxaca, Ibiza, Tanger,…ce désir de voyage étant nourrit par le besoin de ressentir des émotions et par une révolte grandissante contre cette Amérique qui est vautrée dans l’abondance et tous ces « square » [ceux qui vivent enfoncés dans leur ornière]).

La Beat generation mène une vie «à la cool» constitué de : sexe, musique et de route. C’est principalement sous l’influence du Jazz et du mouvement surréaliste que les membres ont trouvé pour lieu de refuge durant la guerre: New York. Pour représenter ce mouvement, Burroughs qui apporte sa technique du cut-up mais c’est surtout Kerouac qui est le meilleur représentant avec sa prose. Gary Snyder qui, lui, introduit la pensée orientale à San Fransisco et Ginsberg vont, en quelques sortes, populariser la pratique de la méditation (le Tao et la bouddhisme zen).

Un peu plus sur les auteurs du mouvement:

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Sur cette photo nous voyons Jack Kerouac (à gauche) et Allen Ginsberg (à droite)

Les écrivains qui ont fait naître ce mouvement sont new-yorkais: William Burroughs, Jack Kerouac, Allen Ginsberg. Ils sont fascinés par des personnages en marge de la société et notamment Neal Cassady (Jack Kerouac en parle beaucoup à travers ses écrits) ainsi que par des voyages (énumérés avant). Ils se rendent à San Fransisco et dans la librairie de Lawrence Ferlinghetti ils lisent leurs écrits en public, leurs innovations poétiques. On voit de l’écriture spontanée. La prose beat se réclame d’Arthaud, de Rimbaud, de Blake, et, cette prose veut renouer avec des sources de la tradition américaine telles que: Whitman, Lindsay,…

Il est donc facile maintenant de deviner que c’est à San Fransisco que va naître le mouvement hippie, tous les grands auteurs du mouvement Beatnik prenant San Fransisco comme lieu où s’amarrer.

Le lien suivant amène directement à une interview très pertinente de Jack Kerouac sur le mouvement Beatnik :

Cliquez ici : J.Kerouac French Interview Beatnik

 

 

D) Précurseurs littéraires et musicaux.

 

ALLEN GINSBERG : (Ecrivain fondateur de la Beat Generation)

Avec son frère aîné Eugene, Allen Ginsberg grandit dans une famille juivedont le père est instituteur et poète, et la mère, Naomi, membre actif du PC et souffrant de paranoïa. Adolescent il découvre Walt Whitman. A Columbia University, il rencontre William Burroughs et Jack Kerouac (deux membres qui seront écrivain de la Beat Generation). ‘Howl and Other Poems’, publié en 1956, est un long poème en prose relatant les expériences de Ginsberg avant 1955 ainsi qu’une histoire de la Beat Generation, dont il est l’un des membres fondateurs. L’oeuvre fait scandale à cause de son langage cru et explicite et est temporairement retirée de la vente pour obscénité. Allen Ginsberg y part en guerre contre les valeurs matérialistes destructrices et contre la politique américaine. En vertu de sa personnalité charismatique, Allen Ginsberg fut d’ailleurs très souvent présent lors des manifestations : pacifistes contre la guerre du Viêt-Nam, sociales contre les discriminations sexuelles, politiques avec les communistes, musicales en véhiculant une spiritualité orientale stimulée par les drogues. En 1961, il publie une autre oeuvre majeure, commencée en 1957 dans un café parisien, ‘Kaddish for Naomi Ginsberg’, où il relate la maladie paranoïaque de sa mère et leur relation angoissée. Dans les années 60, Ginsberg part en Inde en quête d’un guide spirituel, période relatée dans ‘Indian Journals’ (1970), et le bouddhisme tibétain restera une influence importante. Suite à la mort de Jack Kerouac (1969), il compose son élégie ‘Memory Gardens’. En 1972, ‘The Fall of America’ reçoit le National Book Award for Poetry. Puis ‘Cosmopolitan Greetings : Poems 1986-1992′ est finaliste pour le Pulitzer Prize. La poésie d’Allen Ginsberg, spontanée et libre, est un mélange de modernisme, de ses origines juives et de sa foi bouddhiste.

Nous pouvons notamment noter que Allen Ginsberg était un amis proche de Bob Dylan dont nous parlerons tout à l’heure.

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Grand consommateur de drogues qui permettent, selon lui, d’explorer la conscience. Il considère que « la marijuana est un outil politique », un remède contre « la merde officielle »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JACK KEROUAC : (Considéré comme le fondateur principal de la Beat Generation)

Jack Kerouac (de son vrai nom Jean-Louis Kerouac) est issu d’une famille d’immigrés canadiens français. Après un passage éclair à l’université Columbia, où il se consacre au football, il est tour à tour matelot, cueilleur de coton, déménageur, manoeuvre. Se posant d’emblée hors de tout establishment, il se veut autodidacte. Avec le soutien de ses amis Allen Ginsberg et William Burrough, il publie son premier roman, ‘Avant la route’ en 1950. De longues années vont s’écouler avant qu’il ne soit publié à nouveau. Il traverse le pays en tous sens et cherche à des formes d’écriture plus libres. Il s’inspire ainsi de la prose spontanée des lettres de son ami Neal Cassady. C’est finalement à San Francisco qu’un engouement commence à se créer autour de ce que Jack a nommé la ‘Beat Generation’. ‘Sur la Route’ est enfin publié en 1957 et Jack devient l’icône ‘beat’ du public. Mais il réagit mal devant cette immense popularité. De plus, Kerouac, influencé par sa mère, a des opinions politiques plutôt conservatrices. Il prend position contre les valeurs hippies des années 60. Miné par l’alcool et la benzédrine, il meurt à 47 ans sans avoir pu concrétiser son rêve : relier ses oeuvres, à la façon de Balzac ou de Proust, sous un titre générique, ‘la Légende des Duluoz’. En 2007, Gallimard publie ses correspondances sous le titre de ‘Lettres choisies’. 

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Sa vie aventureuse, autant que son livre-culte Sur la route (1957), fit de Jack Kerouac la figure la plus populaire parmi les écrivains de la Beat generation. Contestant les valeurs traditionnelles de l’Amérique, guidé par une soif inextinguible de spiritualité, il s’intéressa notamment au bouddhisme (les Clochards célestes, 1958).

 

WILLIAM BURROUGHS : (Membre fondateur de la Beat Generation)

Petit-fils de l’inventeur de la machine à calculer, William Burroughs se passionne pour les armes à feu. En 1936, il obtient son diplôme en littérature et en anthropologie de Harvard et, avec la pension de deux cents dollars par mois que ses parents lui allouent, il part à New York. Dans sa quête d’identité, il décide de rejoindre le monde des outlaw set de la pègre, devenant héroïnomane. A Columbia University, il rencontre Allen Ginsberg et Jack Kerouac, avec qui il formera le noyau de la Beat Generation. En 1947, il s’installe avec Joan Vollmer - membre du groupe avec qui il aura un fils, William S Burroughs Jr. – elle aussi droguée. Ils déménagent à Mexico City où William Burroughs la tue accidentellement, en jouant à Guillaume Tell. Echappant à la justice, il part en Amérique latine à la recherche d’une drogue nommée Yage, dont il parlera dans ‘The Yage Letters’ (1955). En 1953, il publie ‘Junky’ et s’installe à Tangiers. En 1959, il publie son célèbre roman, ‘The Naked Lunch’, dans lequel l’addiction est considérée comme une métaphore de la condition humaine s’étendant aussi bien à la religion, la politique, la famille et l’amour qu’à la drogue. Formellement parlant, Burroughs innove en explorant un style non-linéaire mélangeant plusieurs morceaux satiriques qu’il utilisera aussi dans ‘The Soft Machine’ et ‘Nova Express’. A son retour aux Etats-Unis ’The Naked Lunch’ fait l’objet d’un procès pour obscénité. En 1983, William Burroughs est élu membre de l’American Academy of Arts and Letters.

 

«Nous savons maintenant que rêver est une nécessité biologique. Je pense que c’est ce que font les artistes – ils rêvent pour les autres.» (citation de William Burroughs)

 

 

 

GARY SNYDER : (Figure de la Beat Generation)

Né à San Fransisco le 8 mai 1930. Figure culte de la scène littéraire américaine depuis sa participation active dans la renaissance poétique de la forme ouverte à San Francisco et dans le mouvement littéraire de la Beat Génération. Snyder sert de modèle au personnage de Japhy Ryder dans Les Clochards Célestes (1958) de Kerouac, roman phare de la révolution cheveux longs et sac à dos. C’est là que s’arrête sa participation active au mouvement de la Beat Generation, ensuite il part pour le Japon en 1956 ; y passe une douzaine d’années, s’adonne à l’étude de la vie monastique et domestique, écrit et fait du zazen, passe plus tard quelques saisons en compagnie de sa femme poète Joanne Kyger avec qui il fait le pèlerinage du dharma en Inde. Avec le temps, Snyder se mue en philosophe militant de l’espace sauvage, intègre le karma écologique de la planète à la vision communautaire authentique de la poésie amérindienne. Construit sa maison dans une forêt de chênes noirs et de pins ponderosa qui ressemble à un parc national, à 1000 mètres d’altitude sur le versant occidental des Sierras ; y travaille pendant deux décennies avec sa femme Masa Uehara et leurs fils Kai et Gen. Traduit de Stockholm à Pékin, Snyder perpétue la lignée idéogrammatique qui débute avec Ezra Pound. Comme Pound, adapte à l’Occident les arts et techniques de la sagesse orientale d’une manière remarquable et traduit de grands textes gnomiques de la littérature classique chinoise et japonaise, le fruit de trois décennies de pratique du zen. Voyage beaucoup, depuis la Chine jusqu’aux étendues sauvages de l’Alaska. Fonde, sur la San Juan Ridge, le Zendo du Ring of Bone, en hommage au regretté compagnon poète Lew Welch, rejoint par Carole Koda en 1988. En date du 14 novembre 1989, termine un livre-bilan sur la poétique de l’espace sauvage : La Pratique Sauvage.

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« La vraie richesse, c’est de n’avoir besoin de rien. » (Citation de Gary Snyder)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JOAN BAEZ : (Grande figure contestataire, engagé)

Joan Baez (née Joan Chandos Baez) est une chanteuse américaine de musique folk, née à New York le 9 janvier 1941. Joan Baez est l’une des voix des années 1960. Cette soprano, souvent surnommée « la reine du folk », « la madone des pauvres gens », impose Bob Dylan et ses chansons au public américain ainsi qu’au monde entier. Elle chante des ballades anglo-irlandaises adaptées en folk américain au gospel. Son titre le plus connu en France est Here’s to you, sorti en 1971. Très présente sur les scènes mondiales, elle participe à des événements musicaux tels le Festival de folk de Newport, festival de Woodstock et le Live Aid de 1985. Soucieuse de son rôle d’artiste engagée à délivrer un message de paix et de liberté, contre la guerre et l’injustice, elle est notamment une amie et supportrice du pasteur Martin Luther King, elle multiplie les apparitions tout autour de la planète. On peut citer les marches pour les droits civiques sur Washington, les manifestations antiségrégationnistes de l’Alabama, ou encore la visite de camp de prisonniers de guerre américains sous le feu des bombardements pendant la guerre du Vietnam.

Après son engagement dans les marches des droits civils, Joan Baez affiche son désaccord avec la guerre du Vietnam. La chanteuse s’implique fortement dans ce combat en participant à de nombreuses marches anti-guerre et actions de protestations. Elle est notamment arrêtée deux fois en 1967 pour avoir bloqué l’entrée du Armed Forces Induction Center de Oakland en Californie. Elle passe ainsi environ 1 mois en prison. Elle aura aussi à plusieurs reprises des ennuis avec la justice pour son refus de payer l’impôt militaire. Elle participe fréquemment aux marches anti-guerre et concerts engagés. On peut citer la Fifth Avenue Peace Parade de 1966 à New York. En 1967, un concert gratuit de Joan Baez en opposition à la guerre est organisé au Washington Monument à Washington par Filles de la Révolution américaine. En 1972 pendant la période de Noël, Joan Baez fait partie d’une délégation visitant un camp de prisonniers de guerre américains au Nord-Vietnam pour promouvoir les droits de l’Homme ainsi que pour délivrer du courrier aux prisonniers de guerre. Ce voyage coïncide avec le bombardement massif de la ville de Hanoï par les forces américaines pendant 7 jours. La chanteuse reste très marquée par cet épisode. Aux début des années 1970, Joan Baez rejoint les rangs d’Amnesty International. Sept ans après son action au Nord-Vietnam, elle publie une lettre ouverte dans laquelle elle dénonce le viol des droits de l’Homme par les autorités vietnamiennes. Cette publication provoque alors de nombreuses réactions d’opposition de la part de militants de gauche.

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« Vous n’avez pas le loisir de choisir quand et comment vous allez mourir.

Vous pouvez toute fois décider comment vous allez vivre. »

 

 

 

 

 

 

BOB DYLAN : (Chanteur engagé, porte parole d’une generation)

Bob Dylan (né Robert Allen Zimmerman le 24 mai 1941 à Duluth, Minnesota) est un auteur-compositeur-interprète, musicien, peintre, poèteaméricain qui est une des figures majeures de la musique populaire depuis cinq décennies. Son style musical a évolué au fil des années : rock,folk, country, blues illustrent la diversité de son œuvre. La plupart de ses œuvres les plus célèbres datent des années 1960, quand il fut d’abord un chroniqueur informel des troubles américains. Certaines de ses chansons comme Blowin’ in the Wind et The Times They Are a-Changin’ sont devenues des hymnes anti-guerre, en particulier anti-guerre du Vietnam et des mouvements civils de l’époque.

La musique provenant du mouvement hippie a laissé se faufiler au travers d’elle des messages engagés, laissant alors se former une nouvelle vague de chanteurs exprimant leur révolte, leur refus du racisme, de la guerre au Vietnam et de la répression. Une chanson de Bob Dylan, nommée « Blowin’ in the wind » a été reprise par les 250 000 manifestants de la marche sur Washington pour le travail et la liberté organisée par les leaders des droits civiques. Voici quelques morceaux de paroles traduits, extraits de cette chanson :« Combien d’années doivent exister certains peuples avant qu’ils leur soient permis d’être libres ? [...] oui, et combien d’oreilles doit avoir un seul homme pour entendre pleurer les gens ? oui, et combien faut-il de morts pour qu’il comprenne que bien de trop de gens sont morts ? »

Cette chanson fait appel à la conscience des gens, à leur moralité.
A travers il y proclame la paix, et c’est en dénonçant et en exposant la dure réalité de l’époque qu’il procède. Toute une génération contestataire des années soixante en lutte avec la guerre du Vietnam voit en lui le moyen d’exprimer leurs idées.

Bob Dylan : porte parole d’une génération :

Il était de tous les fronts et présent à toutes les manifestations pour le changement, la liberté, l’égalité, l’amour et la paix. Le 28 août 1963, il est aux côtés de Mahalia Jackson et de Joan Baez, chanteuses engagées et parmi les 300.000 pacifistes, noirs et blancs, et en Marche vers Whashington où le Pasteur Martin Luther King prononça son discours prophétique : « I Have A Dream ». Il laissa Peter, Paul et Mary chanter sa chanson aussi prophétique « Blowin’ in the wind ». Pour la circonstance, il interpréta « A Pawn in their Game », chanson qui évoquait le meurtre de Medgar Evers, leader de NAACP (organisation américaine de défense des droits civiques, en français : association nationale pour l’avancement des gens de couleur) assassiné par le KKK en 1963. Il dit par ce titre que les assassins ne sont  rien qu’un pion dans le jeu des policiers. Medgar Evers paya de sa vie pour avoir soutenu l’étudiant noir James Meredith à qui l’on refusa une inscription à l’Université d’Oxford Town, dans le Mississippi. On notera également « Owford Town », chanson de Bob Dylan qui se réfère à et épisode de l’intégration des noirs dans les universités américaines). Plus qu’un porte-parole, Bob Dylan fut l’inspirateur sinon l’un des grands idéologues de baby-boomers et des jeunes d’ailleurs qui, excédés par les injustices et les conservatismes, se battaient pour le changement. A ce titre, son nom reste jamais gravé en lettres de noblesse dans l’histoire de contre-culture et de résistance.

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«Celui qui n’est pas occupé à naître est occupé à mourir.» (citation de Bob Dylan)

 

 

 

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